Forough Farrokhzad

December 27th, 2013

Poèmes de Forough Farrokhzad (*)

Au milieu de la nuit

Au milieu de la nuit
J’ai crié après toi
Mais seuls, silence et vent
Emportèrent mon voile
Dans le ciel fatigué
Une étoile brûlait
Une étoile mourait

La baignade

Il faisait beau et je me suis déshabillée
pour laver mon corps dans l’eau d’une source

La nuit silencieuse m’incitait à raconter
les chagrins de mon cœur à l’oreille de la source

L’eau était fraîche, et les rides brillantes
et murmurantes m’entouraient de joie

Elles semblaient vouloir attirer
mon corps et mon âme
avec leurs douces mains de cristal

Une brise se précipita de loin
et déversa une jupe de fleurs sur moi

Le souffle de la brise répandit
le parfum agréable et fort
du pouliot sauvage

Je fermais les yeux
calme et l’âme légère
je laissai glisser mon corps
sur les herbes fraîches et douces

Comme une femme qui dort
ans les bras de son amant
je me confiai aux mains de la sourcex

Les lèvres tremblantes de l’eau
impatientes, assoiffées et enfiévrées
brûlaient d’envie d’embrasser mes jambes
soudain s’élancèrent, satisfaits et enivrés,
mon corps et l’âme de la source pécheresse !

Forough FARROKHZAD (1934 – 1967) Grande poétesse iranienne, auteure de plusieurs recueils : Le captif (1955), Le mur (1956), La rébellion (1958), Une autre naissance (1963). Egalement peintre, actrice et cinéaste, a réalisé en 1962 La Maison est noire, documentaire sur une léproserie.

Pour en savoir plus sur F. FARROKHZAD :
biographie succincte sur Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Forough_Farrokhzad

Note (en anglais) sur la Maison est noire

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    Martin Buber (1878 - 1965), Je et Tu, 1969.